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Ahoueke Hilaire

Journal ·

Préparer un shooting dans son restaurant : ce qui doit être prêt la veille

Ce qui fait durer une journée de prise de vue n’est presque jamais la photographie. Ce sont les décisions prises debout, au milieu du service : quelle assiette, quelle table, quel plat ensuite. Chacune coûte dix minutes. Prises la veille, elles n’en coûtent aucune.

Bavette tranchée, carottes rôties et purée dans une assiette en grès, table de bois clair

À retenir

  • Décidez de la vaisselle avant, pas pendant : les images seront vues en série, et une série se tient par la répétition.
  • Prévoyez une seconde portion de chaque plat photographié. La première refroidit pendant qu’on l’éclaire.
  • La salle vide n’existe que deux fois par jour. Ces créneaux se réservent comme le reste.
  • Un ordre de passage écrit vaut mieux qu’une carte entière : on photographie moins de plats, mieux.

Le temps ne part pas dans la photographie

Sur une journée en restaurant, la prise de vue elle-même occupe une fraction du temps. Le reste part dans les décisions : chercher une assiette qui n’est plus en stock, déplacer une table pour fuir un reflet, attendre qu’un plat ressorte parce que le premier a été servi.

Aucune de ces minutes n’est perdue par négligence. Elles sont perdues parce que la question se pose au moment le plus cher de la journée, quand tout le monde est debout. La même question, posée la veille par message, ne coûte rien à personne.

C’est la seule raison d’être de cette page. Il n’y a rien ici qu’un restaurateur ne puisse décider seul en vingt minutes, et ces vingt minutes-là font une vraie différence sur le résultat.

Assiette ovale sombre dressée sur une table de bois, fauteuil bordeaux flou derrière

La vaisselle se choisit la veille

Les images ne seront pas regardées une par une. Elles sortiront en série, sur une carte en ligne, sur un fil, dans un dossier de presse. Une série se tient par ce qui s’y répète, et la vaisselle est ce qui se répète le plus.

Sortir trois ou quatre pièces et s’y tenir vaut mieux que d’ouvrir tout le placard. Ce qui compte n’est pas qu’elles soient belles isolément, c’est qu’elles se ressemblent assez pour que dix photographies aient l’air d’un même endroit.

Deux pièges concrets. Une assiette à large marge blanche perd la moitié de sa surface dès qu’on recadre en vertical, et la plupart des usages sont verticaux aujourd’hui. Une assiette très brillante renvoie le plafond, donc les spots, donc une tache qu’il faut ensuite contourner à la prise de vue.

Chaque plat photographié existe en double

Un plat chaud tient quelques minutes sous une lumière construite. Passé ce délai, la sauce fige, la vapeur cesse, le vert tourne. On peut travailler vite, on ne peut pas travailler contre ça.

La solution n’est pas de se presser, elle est de doubler. Une première assiette sert à régler le cadre, la lumière et la hauteur ; on peut la manipuler, la déplacer, la rater. La seconde arrive dressée au dernier moment et ne reste que le temps des photographies utiles.

Pour la cuisine, cela veut dire prévoir les quantités en conséquence. C’est le seul vrai surcoût matière d’une journée de prise de vue, et il est faible comparé au temps qu’il fait gagner.

Poulpe grillé et pommes de terre dans un bol émaillé, éventail doré sur fond bleu canard

La salle vide n’existe que deux fois par jour

Les vues de salle demandent une salle sans personne, ou avec les personnes que l’on a choisies. Dans un restaurant qui tourne, cela laisse deux fenêtres : avant le service du midi, et le creux de l’après-midi.

Ces deux créneaux se réservent au même titre que le reste. Les y placer d’avance évite la scène classique de fin de journée, où il faut demander à des clients attablés de bien vouloir se pousser.

Le second créneau a un avantage que le premier n’a pas : la lumière du milieu d’après-midi entre plus bas et plus loin dans la salle. Quand le choix existe, c’est souvent celui-là qu’il faut prendre.

Un ordre de passage, pas une carte entière

La demande arrive presque toujours sous la forme « on aimerait avoir la carte ». C’est rarement ce qu’il faut. Vingt plats photographiés à la chaîne donnent vingt images moyennes ; huit plats choisis donnent huit images qui servent.

L’ordre compte autant que la sélection. Les plats qui tiennent mal — tout ce qui est glacé, mousseux, frit, ou monté à l’assiette — passent en premier, pendant que le rythme est bon. Les pièces stables passent en fin de session.

Cette liste, je la demande avant, et je la relis avec la cuisine. Ce qu’elle contient exactement dépend de ce que les images doivent faire : une carte en ligne, un dossier de presse et un fil social ne demandent pas les mêmes plats. C’est aussi ce qui décide d’un devis, et c’est expliqué sur la page tarif.

Une prise de courant et un mètre carré

Le besoin matériel tient en deux lignes. Une prise accessible, et un mètre carré de surface posée qui ne soit pas un passage : une table de service en bout de salle, un coin de bar, une desserte.

Ce mètre carré évite que le matériel finisse par terre dans un couloir où passent des assiettes. C’est trivial, ça ne se demande jamais, et c’est ce qui fait qu’une journée se passe calmement ou pas.


Rien de tout cela n’est une exigence. C’est la liste que j’aurais aimé recevoir avant mes premières journées en salle, et elle tient en un message la veille. Pour en parler sur un projet précis, la page contact est là.