Hennessy Very Special Tour à Paris : une soirée d’accords chez Journey
Le 13 novembre 2025, le Hennessy Very Special Tour posait son étape finale chez Journey, rue des Petits Carreaux. Le chef Sho Miyashita et le bartender Robin Jude Le Texier y avaient construit une carte d’accords : quatre cocktails sur Hennessy Very Special, trois plats qui leur répondent. J’en étais le photographe de la soirée d’ouverture, du premier dressage jusqu’à la fin de nuit, avec deux commandes opposées à tenir dans la même soirée.
- Photographie publicitaire, Beverage et spiritueux, Événement de marque, Paris
- Hennessy · Skillz Agency
Le contexte
Le Hennessy Very Special Tour a traversé la France en 2025, de Bordeaux à Nice puis Lyon, deux à trois semaines par ville, avant de refermer sa route à Paris. L’étape parisienne s’est tenue chez Journey, rue des Petits Carreaux dans le 2e arrondissement, du 13 novembre au 6 décembre. Ces images sont celles du soir d’ouverture.
Le principe tenait en une phrase : un chef rencontre un bartender, et chaque verre se voit attribuer une assiette. Le bartender Robin Jude Le Texier avait composé quatre cocktails sur Hennessy Very Special ; le chef Sho Miyashita, de Haikara et Haikara Deep Fried, y répondait par trois accords contemporains. C’est exactement ce que montrent les images : quatre verres alignés sur le comptoir, trois assiettes qui reviennent avec l’un ou l’autre.
Le choix du lieu n’a rien d’un hasard : Journey fait de l’accord son principe de carte, pas de cocktail sans assiette, avec son comptoir de marbre vert et son béton ciré. Une marque qui veut démontrer qu’un cognac se boit à table trouve là un décor qui plaide déjà pour elle.
L’activation était produite par Double Dragon ; la commande photographique et la facturation sont passées par Skillz Agency, avec qui je travaille régulièrement sur ce type de soirée. Ce n’est pas un shooting studio déguisé en événement : les accords se photographient pendant que la salle se remplit, sur le coin de comptoir qu’on veut bien vous laisser.

Un plat et un verre ne s’éclairent pas de la même façon
C’est toute la difficulté d’un accord photographié. Un plat chaud demande une lumière rasante qui creuse le relief : la croûte, le gratiné, le croustillant. Un verre demande exactement le contraire, une source large et propre qui traverse le liquide sans l’assombrir et qui dessine une arête nette sur le bord.
Mettre les deux dans le même cadre, c’est accepter de perdre l’un des deux, ou construire une lumière qui fait les deux métiers à la fois. La solution retenue tenait à la position : un flash unique, placé haut et de trois quarts, assez large pour envelopper le verre, assez oblique pour que la garniture garde son grain. Le fond, lui, tombe tout seul dans le noir, ce qui règle la question d’un bar en plein service derrière le sujet.

Le même plat, deux verres
Une carte d’accords ne se photographie pas comme un menu. Le même plat revient avec un autre cocktail, et c’est précisément ce changement qu’il faut rendre visible : sans quoi la marque se retrouve avec deux images qui se ressemblent et ne peut en publier qu’une.
Ici, le passage du verre ambré au highball rouge change la dominante de toute l’image : c’est ce second accord qui ouvre cette page, au centre du bandeau. J’ai gardé le même dressage, le même angle et la même lumière d’une prise à l’autre, pour que la seule variable soit la couleur du verre. C’est ce qui permet de les publier en série, l’un après l’autre, sans que le public ait l’impression de revoir la même photographie.

Tout ce qui doit être propre se fait avant l’arrivée du public
L’ordre des fichiers le dit mieux que moi : toutes les natures mortes, sans exception, sont faites avant la première image de salle pleine. Ce n’est pas un hasard de planning, c’est la règle même de ce type de commande.
Un bar de soirée devient impraticable dès que la salle est pleine. Les verres se déplacent, la station de travail se couvre, et l’on n’a plus ni le recul ni le calme pour poser un flash. La seule fenêtre où l’on peut travailler proprement est celle qui précède l’arrivée du public, et elle dure une heure. Ce qui n’a pas été fait dans cette heure-là n’existera pas.

Un seul objectif, un seul flash
Toute la soirée a été faite au Canon EOS R5 et au RF 24-70 mm f/2.8, sans changer d’optique une seule fois. Sur un événement où l’on passe d’une nature morte à un portrait puis à une salle pleine en quelques minutes, changer d’objectif coûte plus cher que la focale gagnée.
Le reste est une affaire de diaphragme, et il raconte la nuit à lui seul. Les accords sont faits entre f/11 et f/18 : tout doit être net, du bord de l’assiette à l’étiquette de la bouteille. Les portraits sont pris au flash, fond noir, sur le trottoir ou dans l’encadrement de la porte. Puis, une fois la salle pleine, on ouvre à f/3.2 et on laisse la soirée décider.

Quand la salle prend le dessus
À partir du moment où les invités arrivent, la commande change de nature. On ne construit plus rien, on suit. C’est l’autre moitié du travail, et c’est celle qui donne au dossier son épaisseur : une série qui n’aurait que des accords parfaitement éclairés raconterait une carte, pas une soirée.
La photographie de groupe est venue en fin de soirée, sans que personne ne la demande. Ce genre d’image ne se met pas en place : on la reconnaît une seconde avant qu’elle arrive, et on est déjà au bon endroit, ou on l’a perdue.

Ce que le reportage attrape et que la pose ne donne pas
Une soirée de marque se juge autant sur les invités que sur les produits. Ce que le client cherche dans ces images, ce n’est pas la preuve que le bar était plein, c’est la preuve que les gens y étaient bien : deux verres tenus à la fois, une conversation qu’on ne coupe pas, un vestiaire encore sur le dos parce qu’on vient d’arriver.
Aucune de ces images ne se demande. Elles s’obtiennent en restant dans la salle après avoir fini le travail commandé, avec la même optique et sans lumière ajoutée, et en acceptant qu’une bonne partie ne serve à rien.

La musique, et la fin de nuit
Les dernières images sont faites longtemps après le dernier plat. À ce stade, le sujet n’est plus le cognac, c’est ce que la marque a réussi à créer dans la salle : une platine, un verre tendu par-dessus la console, et une lumière qui ne vient plus que des néons.
C’est aussi la partie la plus utile aux réseaux de la marque. Une image d’accord se publie une fois ; une image de fin de soirée se republie chaque année, parce qu’elle dit ce qu’était l’ambiance et pas seulement ce qu’il y avait dans le verre.

Paris, et ce que la ville change à ce genre de commande
Une soirée d’accords comme celle-ci ne se monte pratiquement qu’à Paris : c’est là que les marques de spiritueux réunissent la presse, les prescripteurs et les bartenders, et c’est là que se trouvent les lieux capables d’être privatisés un soir de semaine puis rendus le lendemain matin.
Je viens de Marseille pour ces soirées-là, sans facturer le déplacement, et ce n’est pas un désavantage : arriver la veille et n’avoir aucun autre tournage dans la journée veut dire être sur place au moment où l’arrière-bar se monte, c’est-à-dire au seul moment où les natures mortes sont possibles. La page photographe culinaire à Paris détaille comment ces journées s’organisent.

Crédits
- Hennessy
- Hennessy Very Special Tour, étape parisienne
- Double Dragon
- Skillz Agency
- Journey, 44 rue des Petits Carreaux, Paris 2e
- 13 novembre 2025, soirée d’ouverture
- Sho Miyashita (Haikara), programmé par Phamily First
- Robin Jude Le Texier
- 2025
- Photographe
- Accords plat-cocktail, portraits, reportage de soirée
- Canon EOS R5, RF 24-70 mm f/2.8, flash
Cette soirée a été photographiée à Paris. D’autres photographies d’événements sont réunies sur le site, et la page photographe culinaire à Paris dit comment j’y travaille. Une soirée de marque à couvrir ? Écrivez-moi.


